Not invented here NIH or P2I

Arrêtez de toujours vouloir tout réinventer !

Aujourd’hui, pour démarrer cette belle journée, j’ai envie de vous parler d’un truc que j’ai appris chez Auchan et que j’ai retrouvé ensuite dans pas mal de boîtes dans lesquelles je suis passé : le P2I (ou PII), le fameux « Pas Inventé Ici », cher à mon ami Claude Vannier.

Le P2I c’est quoi ?


Il existe un syndrome nommé « PII » (Pas Inventé Ici). Aussi connu sous le nom de « NIH » (Not Invented Here), c’est une attitude fréquente dans de nombreuses entreprises. Elle se manifeste par une réticence à utiliser des idées, produits, technologies et solutions qui n’ont pas été développés en interne.

On peut même avoir tendance à ne pas regarder ce qui a déjà été tenté dans sa propre entreprise. Cette tendance à toujours vouloir réinventer ce qui existe déjà est souvent coûteuse et inefficace.


Pourquoi veut-on toujours réinventer la roue ?

La fierté professionnelle joue un rôle majeur. Les individus et les équipes aiment s’approprier leurs idées et leurs créations, ce qui renforce leur sentiment de valeur et d’accomplissement.

Il est gratifiant de voir son propre projet aboutir et réussir. En développant leurs propres solutions, les employés justifient aussi quelque part leur rôle et leur présence au sein de l’entreprise. Les solutions externes peuvent aussi être perçues comme moins adaptées ou moins fiables, même si elles ont fait leurs preuves dans d’autres contextes, engendrant de la méfiance.

Et si on l’avait déjà en interne ? Là, on touche le summum de l’illogisme. Une autre équipe dans la boîte a déjà résolu le problème, récemment ou il y a quelque temps, et pourtant, à votre niveau, vous n’en avez pas connaissance, alors vous devez, vous aussi, chercher et trouver la bonne solution alors qu’elle est déjà disponible sur étagère.

Le faire pour apprendre ! Je l'ai beaucoup observé dans différentes startups : "No Way" pour sous-traiter ou réutiliser des solutions déjà disponibles. "On peut faire mieux que les autres", "il faut le faire pour comprendre", "on va peut-être se casser les dents, se prendre quelques murs, mais on y va", "on est les meilleurs et de toute façon !" Alors oui, c'est sans doute une très bonne méthode pour comprendre, apprendre et progresser, mais l'important n'est-il pas de se concentrer sur le cœur business et le time to market ? Là où l'on vous attend pour faire la différence ?

Les conséquences du syndrome P2I

Perte d’efficacité et de rapidité : On dépense plus de temps à développer des solutions qui existent déjà.
Augmentation des coûts : Les coûts en termes de temps et de ressources que représentent les développements de nouvelles solutions.

Le coût d’opportunité : C’est sans doute le plus grave. Au-delà de l’argent dépensé, c’est du temps perdu qui aurait pu être utilisé pour créer quelque chose de vraiment nouveau. Réinventer la roue, c’est s’interdire d’inventer le moteur. On perd en time to market et en temps de cerveau disponible pour créer une vraie différence.

Risque de reproduction des erreurs : Apprendre des échecs et des succès des autres, c’est aussi ne pas retomber dans les mêmes pièges.

Best Win Tips

1. Évaluez les solutions externes (et le Benchmark) : Avant de lancer un nouveau projet, demandez-vous si cette solution n’a pas déjà été développée ailleurs. Une évaluation rigoureuse des options externes peut révéler des solutions robustes sur lesquelles vous pouvez construire votre propre valeur ajoutée plutôt que de repartir de zéro.

2. Regardez aussi ce qui a déjà été fait en interne ! Vous seriez surpris d’apprendre que quelqu’un d’autre dans votre entreprise a déjà travaillé sur ce sujet...

3. Institutionnalisez la veille : Pour éviter le P2I, la curiosité doit être un processus. Si les équipes n'ont pas de temps alloué pour regarder ce que font les autres, elles créeront par défaut dans leur coin. La veille n’est pas un luxe, c’est un gain de temps futur.

4. Valorisez la « réutilisation » (Le rôle du management) : Le P2I vient parfois de managers qui veulent « marquer leur territoire » avec un projet 100% maison. Un bon manager doit valoriser autant celui qui réutilise intelligemment une solution existante que celui qui crée. Savoir intégrer, c'est aussi innover.

5. Apprenez des échecs : Si les autres ont rencontré des échecs, essayez de comprendre pourquoi. L’échec est une source riche d’enseignements et d’innovations.

6. Évitez l’excès inverse : Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse en rejetant systématiquement les idées qui ont échoué ailleurs. Chaque contexte est unique. L’important est de savoir tirer des enseignements et de savoir rebondir.

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L'auteur

Mon nom est Yann Puslecki, je suis indépendant. J’accompagne en mission ou en transition des équipes et des projets pour booster durablement la performance du digital commerce et des parcours omnicanaux. En savoir +

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